dimanche 25 mai 2008

A l'ombre des coccinelles




le premier article est Paru !!!

si vous n'avez pas encore les accès au Blog il suffit de me les demandés par mail

A l'ombre des coccinelles

jeudi 22 mai 2008

OGM Suite et fin

Les sénateurs ont approuvé, ce midi, le texte déjà voté mardi par les députés. Il a désormais force de loi. Rappel des principales mesures de ce texte, un hybride des directives européennes et du Grenelle de l'Environnement.

Une simple formalité. 143 voix contre 42. Le texte mis au point, le 14 mai, par une Commission mixte paritaire Assemblée-Sénat a été adoptée au Palais du Luxembourg.Les groupes UMP et Nouveau Centre, à l’exception de quelques-uns de leurs membres, ont voté pour.Le groupe communiste, ainsi que les radicaux et les Verts et les radicaux de gauche ont voté contre.En revanche les sénateurs socialistes n’ont pas participé au scrutin afin de ne pas « cautionner cette mascarade de débat ».Une soixantaine de militants anti-OGM ont manifesté à proximité du Sénat à l'ouverture des travaux.
Les principales dispositions
- La liberté de consommer et de produire « avec ou sans » organismes génétiquement modifiés, transposition dans le droit français d'une directive européenne de 2001. Le texte fixe des règles pour les différentes variétés susceptibles d’être utilisée, mais ne définit pas le « sans OGM ».
- La transparence. Toute parcelle d’OGM devra, désormais, être rendue publique. Un registre national des localisation des parcelles sera rédigé.
- Un Haut conseil des biotechnologies sera chargé de l’expertise. Il comprendra des scientifiques et des représentants de la société civile.
- Le « délit de fauchage » prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
- L’indemnisation des cultures « contaminées » par les OGM est prévue par le loi. Ce sont les cultivateurs d’OGM qui en assumeront la charge.

vendredi 16 mai 2008

OGM, repéché .... No Comment.....


Quand le gouvernement veut quelque chose, il l'obtient même si cela va à l'encontre de l'opinion générale !!!!
Merci pour ce simili démocratie.
À mon humble avis si toutes les lois devaient être approuvées par le peuple (comme en Suisse) cela nous conduirait surement vers un pays bien meilleur...
Car dans de telle condition de démocratie, est-ce vraiment utile d'élire un président qui ne nous écoute pas !!??




Après le pataqués qui a entouré le vote final du projet de loi sur les OGM mardi soir, le rejet surprise du texte, puis son rattrapage hier par le gouvernement, où en est-on aujourd'hui et qu'en est-il de ce projet de loi destiné à transposer, enfin, la directive européenne sur les OGM de 2001 ?

Mardi, alors qu'on attendait un vote définitif du texte très controversé, l'adoption inattendue d'une motion de procédure PCF, à une voix de majorité, a interrompu le débat et provoqué le rejet du texte. Du coup, le gouvernement a convoqué hier en urgence une Commission mixte paritaire (CMP, 7 députés et 7 sénateurs, majoritairement de droite). Un «coup de force» selon la gauche, une «solution rapide et légitime» selon la droite.

Hier, nouveau clash lors de la réunion de la CMP . Plusieurs parlementaires de gauche quittent la réunion avant la fin. «Il n'y a aucune discussion, le système est bloqué», a estimé le sénateur radical de gauche François Fortassin, dénonçant «l'absence de pédagogie envers l'opinion publique et le refus du gouvernement de revoir sa copie».

La CMP a finalement entériné la version du texte votée le 16 avril par le Sénat. Le texte va maintenant venir devant l'hémicycle de chaque assemblée, au Sénat puis à l'Assemblée, les 27 et 28 mai. Mais seuls les amendements déposés ou acceptés par le gouvernement seront recevables.

Ce qui fait dire aujourd'hui à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, dans une interview au Parisien que la gauche a remporté «une victoire à la Pyrrhus» : «Le résultat de la motion de procédure gagnée par l'opposition est l'interruption des débats à l'Assemblée. Du coup, les amendements de l'opposition ne seront pas examinés», souligne-t-elle.

Pour Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM à Greenpeace France, «c'est affligeant. On n'imaginait pas que le gouvernement ose représenter un texte qui venait d'être rejeté par les députés ! Ce qui se passe depuis le début du débat sur les OGM reflète un malaise profond, estime-t-il. Plutôt que de parler du fond, on se livre à des jeux politiciens, d'un côté comme de l'autre.»

La CMP a notamment adopté l'article 1, seul article sur lequel une discussion était encore possible, puisqu'il n'a pas été voté conforme en première et en seconde lecture. L'article 1 contient un amendement clé pour les anti-OGM, l'amendement Chasseigne qui instaure la «liberté de produire et de consommer avec ou sans OGM» et prévoit que les «OGM doivent être cultivés et commercialisés dans le respect de l'environnement et de la santé publique , mais aussi des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées “sans OGM ”».

Cet amendement a été sous-amendé, donc amoindri, par le Sénat le 16 avril, la définition du “sans-OGM” étant renvoyé à la définition européenne, qui n'existe pas, ou à une définition par le futur Haut Conseil des biotechnologies. Ainsi, en ne se prononçant pas précisément sur le seuil de contamination, le texte ouvre la porte aux promoteurs des OGM qui en profitent pour plaider pour l'adoption du seuil d'étiquetage prévue par les textes européens, soit un seuil de 0,9% d'OGM présent dans une récolte pour la déclarer comme contaminée.

Or pour les associations écologistes comme pour la Fédération de l'Agriculture biologique ou la Confédération paysanne, «sans OGM» doit signifier vraiment «sans aucun OGM». Mardi, ils manifestaient encore pour que les députés inscrivent dans l'article 1 qu'est considérée sans OGM toute récolte en dessous du seuil techniquement détectable et garanti par les laboratoires, soit 0,1% actuellement.

Pour France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations), il faut même être plus radical. «Les travaux du Grenelle ont conclu que la coexistence entre cultures bio ou conventionnelles et cultures OGM est impossible du fait de la contamination. Il faut donc retirer de l'article 1 la possibilité de produire et consommer AVEC des OGM.»
«Maintenant, c'est fichu, déplore Arnaud Apoteker, de Greenpeace, à moins d'une prise de conscience du gouvernement qui déposerait un amendement en ce sens. Mais vu les déclarations de Nathalie Kosciusko-Morizet ou de Borloo, c'est peu probable !»

Derniers épisodes de ce feuilleton OGM, la semaine prochaine donc, au Sénat et à l'Assemblée. France nature Environnement veut encore espérer . «On peut rêver, plaide Arnaud Gossement, imaginer des parlementaires qui ne supporteraient pas de s'être fait voler le débat et qui déposeraient des amendements sur l'article 1er.»

Au contraire, pour Arnaud Apoteker, «il faut maintenant appeler les parlementaires à rejeter ce texte puisqu'on ne peut plus l'amender. Nous avions toujours fait preuve d'ouverture depuis le début du débat et nous avions encouragé les députés à amender ce texte même si, sur bien des points, il est insatisfaisant. Mais maintenant il faut voter contre.»

La gauche a déjà annoncé que si le texte était adopté, elle déposerait un ou plusieurs recours devant le Conseil constitutionnel.

Source: Libération

jeudi 8 mai 2008

La France, poubelle nucléaire mondiale ?

et Une de plus !!!
Mr Borloo nous fait le plaisir d'un nouveau décret très écologique !!!
comme nous le montre si bien les Guignols de l'Info, notre très cher ministre ne devrait plus quitter la buvette de l'Elysée, il serait surement plus efficace pour la politique environnementale de la France

Paris, France — Greenpeace a déposé mardi 6 mai un recours devant le Conseil d'Etat à propos du décret 2008-209, relatif aux procédures applicables au traitement des combustibles usés et des déchets radioactifs provenant de l'étranger.

« Ce décret contredit la loi et constitue un retour en arrière inacceptable, affirme Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie de Greenpeace France. Pour renforcer la compétitivité d'Areva, la France accepte d'être la "poubelle nucléaire internationale" et propose désormais aux pays clients d'Areva de garder certains de leurs déchets au lieu de les leur renvoyer, comme l'impose la loi de 2006. »

Ce nouveau décret d'application de la loi « déchets » de 2006, pris le 3 mars 2008 par le ministre Jean-Louis Borloo, prévoit d'exclure de la contrainte du renvoi dans les pays clients une partie des déchets. Il s'agit de ceux « occasionnés par le seul usage des installations de l'exploitant ». Ce type de déchets appartient à la famille des déchets ultimes et comprennent :
- les déchets dits « technologiques » résultant des opérations d'entretien et de maintenance des installations ;
- les boues issues du traitement des effluents liquides ;
- les résines de traitement des eaux des piscines ;
- les solvants usés ;
- les déchets de démantèlement.

Actuellement, ces déchets sont stockés en France, mais l'inventaire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) précise qu'ils sont comptabilisé par le système UR et devront faire l'objet d'une attribution en terme d'unité au clients étrangers d'Areva(1).

L'Andra précise même que les contrats d'Areva prévoient l'expédition de ces déchets, l'apurement des comptes des clients étrangers devant débuté dans les prochaines années. C'est d'ailleurs ce qu'on a pu vérifier dans les contrats obtenus dans des recours juridiques.

« Ces déchets ne sont certes pas les plus radioactifs, mais ils représentent près de 20 000 tonnes de matières réparties dans près de 50 000 colis stockés soit sur le site de La Hague pour la plus grande partie, soit sur le site de Marcoule dans le Gard, reprend Frédéric Marillier.. Les garder en France est un scandale et constitue une vraie rupture du large consensus politique qui existe depuis toujours en France. »

L'industrie nucléaire a depuis toujours tenté d'échapper à la loi et au large consensus politique sur la question des déchets étrangers. Suite à un recours de Greenpeace, Areva a été condamné le 8 décembre 2005 pour stockage de déchets australiens par la Cour de cassation. Un recours concernant des déchets hollandais est actuellement devant la justice et a bloqué l'importation de déchets depuis ce pays.


Source: Greenpeace

dimanche 20 avril 2008

Un nuage obscur venu d'ailleurs...



Le Troisième problème.

Chaque hiver, d'octobre à mai, se forme au-dessus de l'Asie du Sud et de l'océan indien un nuage de en suspension de 3 Km d'épaisseur et de 10 millions de Km2 (l'équivalent de la surface des Etats-Unis!). A la fin de l'hiver, l'inversion des vents repousse la brume vers le continent, où elle stagne jusqu'à être lessivée par les moussons d'été. Ce nuage, baptisé "Brown Haze", constitue le plus grand phénomène de pollution au monde. Il est constitué d'aérosols (particules solides ou liquides), contenant toutes sortes de polluants: suie, soufre, oxydes de carbone ou d'azote, ozone, végétaux, etc. Ces polluants sont générés par les brulis agricoles, la combustion du bois de feu, les transports et les activités industrielles. Les feux de forêts et de tourbières, comme ceux de Bornéo ou de Java, apportent occasionnellement mais massivement leur contribution d'aérosols.

Ce gigantesque nuage perturbe tout, globalement et régionalement

Sa première victime est le climat, sur deux modes antagonistes. En effet, d'un côté, les sulfates et les nitrates réfléchissent la lumière et refroidissent l'atmosphère, ce qui entraine une baisse de la température et, par la diminution de l'évaporation à la surface de l'océan, un affaiblissement des pluies apportées par les moussons. De l'autre, la suie absorbe la lumière solaire et réchauffe l'atmosphère, provoquant ainsi une augmentation de la température et des précipitations.
Des scientifiques ont montré que , si globalement le nuage avait un effet de refroidissement, régionalement son impact multipliait par deux le réchauffement induit par les gaz à effets de serre. D'après Verabhadran Ramanathan, de l'université de Californie, ce réchauffement pourrait expliquer la fonte des glaciers de l'Himalaya, réservoir d'eau des pays de la région asiatique, sur les dernière décennies.

La deuxième victime est l'économie de la région de l'Asie du Sud, qui compte aujourd'hui deux milliards d'habitants et dont le nombre devrait passer à cinq d'ici trente ans. La diminution des précipitations fait baisser le rendement du riz, gourmand en eau (ainsi, sans le nuage brun, les récoltes seraient supérieur de 10%). La baisse de la luminosité ralentit la croissance de tous les végétaux, ainsi que celle du phytoplancton, le premier maillon de la chaine alimentaire.

La troisième victime est la santé de la population, atteinte de la maladies respiratoires provoquées par les aérosols qui, chaque année, conduisent à la mort de dizaines de milliers de personnes. Les perturbations climatiques en Asie ne seraient peut-être qu'un avant-goût d'autres perturbations à venir sur la planète. En effet, d'autres nuages bruns apparaissent, moins spectaculaires certes, mais tout aussi nocifs, aux États-Unis, en Amazonie, en Afrique du sud, en Europe... Les nuages se déplaçant au gré des courants aériens, nul pays n'est à l'abri de ce phénomène. s'il est courant de voir des "smog" chinois, atteindre l'Amérique du nord, il est plus surprenant de voir la Crète, une île quasiment dépourvue d'industries polluantes, afficher un niveau d'ozone supérieur aux normes de l'Union européenne. Il est vrai d'Athènes n'est pas très éloignée, avec son Nefos(nuage noir), qui flotte en permanence au-dessus de la capitale la plus polluée d'Europe.

Les chercheurs commencent d'ailleurs à soupçonner ces nuages d'aérosols d'être responsables des sécheresses qui frappent de plus en plus les pays du pourtour méditerranéen. ils font également un rapprochement entre les "hivers volcaniques" et la refroidissement et la perte de productions agricoles occasionnés par ces sécheresses: l'explosion du Mont Pinatubo aux Philippines en 1991 avait refroidi la température de l'atmosphère de 0,5 °C, celle du Mont Tambora en indonésie en 1815 avait été suivie en 1816 d'une année sans été, à l'origine d'une famille exceptionnelle.

Le 3 octobre 2007, Ira Helfand, médecin urgentiste fondateur de l'association américain "Physicians for social responsibility" a présenté ses hypothèses sur l'éventualité d'une autre forme d'hiver: "l'hiver Nucléaire". En effet, une explosion nucléaire ne détruirait pas seulement des vies au niveau local ou régional.Helfand a calculé les conséquences d'une guerre nucléaire entre l'Inde et le Pakistan, en supposant l'utilisation de l'équivalent de cent fois la tête nucléaire qui détruisit Hiroshima. L'explosion enverrait dans l'atmosphère cinquante millions de tonnes de suie, réduisant pour plusieurs années de 1,25°C la température moyenne à la surface de la Terre. Helfand estime qu'au delà des morts directement provoquées par les radiations, un milliard de personnes pourraient mourir de famine, et que la pénurie de nourriture déclencherait des conflits armés, accompagnés d'épidémie de choléra ou de typhus, qui en tueraient d'autres centaines de millions.

Le même jour, Brian Toon, spécialiste de l'atmosphère présentait à la Royal Society of Medecine un autre effet dévastateur d'une telle explosion nucléaire: le réchauffement de la stratosphère par la fumée, qui accélérerait les réactions chimiques naturelles qui attaquent l'ozone, lui faisant perdre 30 à 40% de son épaisseur et conduisant à la destruction supplémentaire d'une partie des récolte de la planète.

Les citoyens de la planète savent-ils que leurs dirigeants politiques, s'ils appuyaient "sur le bouton", ne détruiraient pas seulement leurs ennemis, mais qu'ils mettraient en grand danger leurs amis et eux-mêmes ?


Ainsi par effet Boomerang, les matières plastiques devenues irremplaçables et omniprésentes dans notre vie quotidienne, détérioreraient notre santé. Les substances minérales indispensables à la fabrication de nos équipements de haute technologie viendraient à manquer. et les particules polluantes que nous envoyons dans l'atmosphère, à partir de la combustion du bois; du pétrole ou du charbon, seraient une source de dérèglements climatiques. Trois raisons, parmi d'autres, de ne pas se limiter à la lutte contre les gaz à effet de serre.
AU contraire il est urgent de considérer l'ensemble des déséquilibres que nous tous, et au premier chef des pays industrialisés, infligeons à la planète, et d'y porter remède. Faute de quoi, la lutte contre le réchauffement climatique deviendrait l'arbre qui cache la forêt de problèmes de durabilité sur la planète.

Source: Dominique Viel
A lire du même auteur : Ecologie de l'apocalypse

Trois menaces sur la planéte dont on ne parle pas


La première menace : la pollution plastique dont nous avons déja parlé lors du 7 éme Continent

La deuxième menace : Certaines matières minérales.

Le Sol et le sous-sol de la planète livrent à l'ingéniosité de l'homme ses trésors, parmi lesquels les réserves fossiles. Mais si l'on sait tout ou presque sur les combustibles fossiles, un autre gisement fondateur de la civilisation industrielle est plus rarement évoqué : Celui des matières premières minérales.
Ainsi par exemple, la fabrication de pots catalytiques requiert du platine, du palladium ou du rhodium. La pile à combustible exige elle aussi du platine. Le cobalt est nécéssaire à l'élaboration des moteurs d'avion, des turbines à gaz, des outils de coupe, des pièces d'usure, des disques durs, des piles et des batteries pour les téléphones et les ordinateurs, des implants dentaires, des prothèses articulaires, et de bien d'autres choses encore !!

La liste est impréssionnante et ne cesse de s'allonger.
Or, l'approvisionnement en matières minérales n'est pas "un long fleuve tranquille". Tout comme les combustibles, les matières minérales non énergétiques sont des ressources finies. Et elle sont rarement substituables entre elles.
Par ailleurs, elles sont essentiellement localisées en dehors des grands pays industrialisés et en majorités concentrées, pour chacune d'entre elles, dans trois pays seulement ( ex: 100% du niodium et 98% du tantale se trouvent au Méxique, au Canada et en Australie, 97% du rhodium et 96% du platine en Afrique du sud, en Russie et au Canada Etc... ).

Cette situation entraine des risques politiques et économiques majeurs. Les risques politiques se sont déjà concrétisés à plusieurs reprises au cours du XXe siécle. Ainsi, en 1978, la guerre du Shaba, une riche région minière du Zaïre, conduisit à la multiplication par plus de trois du prix du cobalt. Certains pays occidentalisés, dont la France, envoyèrent des troupes à Kolwezi pour préserver les installations minières et limiter le risque de pénurie. Le cours du cobalt s'envola à nouveau lors de la guerre qui déchira le Zaïre au milieu des années 90.
En 1979 après la suspension de son exportation par l'Union Soviétique, le prix du titane fut multiplié par 7 ! Dix ans plus tard, à la suite de l'effondrement de l'empire soviétique, les substances minérales qui ne trouvaient plus de débouchés dans l'appareil industriel soviétique désorganisé inondérent les marchés occidentaux. Dans un second temps, les marchés se réorganisèrent, renforçant parfois des monopoles de fait :
c'est le cas du béryllium, localisé au Kazakhstan, dont les mines sont passées aux mains du premier producteur mondial, l'entreprise américaine Brush-Wellman. Enfin les conflits locaux ont repris, mettant régulièrement en danger les filières d'approvisionnement des ressources minérales.
D'autre guerre émaillent, de manière récurente, les térritoires africains les plus riches en ressources.
La fin d'une guerre y est parfois, sous couvert de reconstruction pacifique, l'occasion de prédation, comme le prêt de 3,5 Milliards € que la Chine a attribué en septembre 2007 à la république démocratique du Congo (RDC), gros producteur mondial de diamant, d'or, de cuivre, de cobalt et de tantale (l'augmentation du prix de ce métal, suite à l'accroisement du nombre de téléphones portables, serait l'un des facteurs de la guerre civile qui a ravagé la RDC de 1998 à 2002). La RDC étant déjà surendettée, une partie du "prêt" arrive sous forme d'investissements directs, mais l'autre partie est remboursable en titres miniers...


Les risques économiques perturbent également les marchés.
Ainsi le développement en Europe des normes antipollution en vue de la réduction des émisions polluante des automobiles a contraint les constructeurs à généraliser l'emploi de pots catalytiques, Le rhodium entant dans la composition de ces pots, les besoins mondiaux de ce minéral ont été multipliés par près de cinq entre 1985 et 1990, entrainant une forte augmentation des prix.
Depuis 2000, c'est le prix du palladium qui s'envole, car il sert de substitut au rhodium pour les pots catalytiques (il entre également dans la fabrication des condensateurs, dont la demande est forte).
De plus la russie, premier producteur mondial, utilise sa position dominante pour faire monter les enchéres et obtenir un maximun de devises au moyen d'arrèts provisoires des livraisons. Le palladium est devenu un métal deux fois et demie plus cher que l'or !!


La finitude des ressources est un problème en soi

Une étude publiée début 2006 par l'université de Yale montre que les ressources en cuivre, en Zinc et en autres métaux ne pourront répondre sans fin au besoins croissants de la population mondiale, même en tenant compte de la possibilité de recycler les métaux utilisés.
Ses auteurs (Thomas Graedel et Robert Gordon) ont calculé que, pour mettre les nouvelles technologies à disposition de l'ensemble des nations, il faudrait utiliser la totalité du minerai de cuivre disponible, plus celle qui est déjà en circulation !
L'équipe de chercheurs a également attiré l'attention sur le fait que l'équivalent de 26% du cuivre et 19% du zinc extractibles sur la planéteest inaccessible, enfoui au fond des décharges !


D'autres estimations sont aussi peu rassurantes.

Pour Armin Reller, chimiste à l'université d'Augsbourg (Allemagne), il ne reterait que dix ans d'approvisionnement en indium, un métal utilisé en grosses quantités pour les écrans plats. René Kleijn, chimiste à l'université de Leiden aux Pays-Bas, estime que les réserves actuelles de gallium (qui avec l'indium, est à la base de la fabrication des cellules photovoltaïques° ne pourront contribuer que pour moins de 1% aux futures cellules, en raison de la pénurie de ce minerai.


En résumé, tout ce qui contribue à notre confort quotidien ( téléphones, ordinateurs, automobiles, avions, etc) est dépendant peu ou prou des matières minérales extraites du sol. Que faire pour éviter une situation de pénurie, source ou conséquence de conflits, mais, dans tout les cas, porteuse de désorganisation Social ?

Au-delà du nécessaire recyclage des déchets, la hausse des prix est une alliée en la matière. En effet, elle peut permettre d'investir là où la ressource n'était pas accessible de manière économiquement rentable. La limite d'accessibilité de certaines ressources pourrait donc être repoussée dans le temps. Mais ces investissements représentent un coût élevé et leur rentabilité ne pourra apparaitre que dans le long terme. Ils sont donc peu attractifs pour les financeurs. Enfin, il faudrait en amont une autre vision du métier d'exploitant minier, afin d'éviter les énormes dégâts humains et environnementaux liés à l'extraction du minerai. Tel n'est pas le cas dans le contexte frénétique de la quête actuelle.


Source :Dominique Viel

jeudi 17 avril 2008

Planète Terre, Planète Désert ...


La Planète se meurt d'extraction, se meurt de combustion. La Planète Terre commence à régler ses comptes avec l'humanité: à force de soustractions, c'est maintenant l'addition qu'elle présente!

Terrien, sors de ton rêve! La Planète Terre s'enlise, s'ensable, se désertifie. Serait-ce que la Planète “déserte” l'humanité? Le mot “désert” vient du latin “desertus”, de “deserere” qui signifie “abandonner”.

En 1965, l'écrivain Frank Herbert, un des grands maîtres de l'écologie-fiction, publiait le premier ouvrage de son épopée magnifique connue sous le nom de “Cycle de Dune”. Frank Herbert avait il pressenti le destin inéluctable de notre planète?

Dune est une planète-désert sans eau. Les vents de sables s'y déchaînent à 700 km/heure. Les Fremen (Hommes Libres) y coévoluent avec des vers gigantesques, source de l'Epice.

Est-ce une allégorie? Les vers de terre, source par excellence de fertilité, ont “déserté” les terres agricoles consumées par les poisons répandus par les multinationales biocidaires.

En avril 2001, une “tempête de sol” de 1800 km d’amplitude s’envola de Chine (transportant des millions de tonnes de sol) pour venir atterrir en Amérique du nord: elle recouvrit de son manteau toute la partie ouest, de l’Arizona au Canada. En avril 2002, une autre tempête de sol Chinois s’abattit sur la Corée du sud, paralysant le pays.

La Chine livre une bataille, perdue d’avance, contre l’avancée des déserts, les anciens et les nouveaux qui se créent. Selon Wang Tao, de l’Académie Nationale des Sciences de Chine, ce sont 24 000 villages recouverts par les sables, qui ont été abandonnés, totalement ou partiellement, durant la seconde moitié du siècle passé. De 1950 à 1975, la Chine perdait chaque année 175 000 hectares. Entre 1975 et 1987, la désertification s’empara de 200 000 hectares par année. De 1987 à 2000, la désertification s’empara de 300 000 hectares par année. A ce rythme là, la Chine perdra 400 000 hectares de terre par année à partir de 2012.

A l’échelle planétaire, ce sont 1370 hectares de sol qui sont désertifiés à jamais toutes les heures, ce qui fait 12 millions d’hectares chaque année, l’équivalent de la moitié de la surface agricole de la France.

En Inde, par exemple, ce sont 2,5 millions d’hectares qui sont désertifiés chaque année. Vers 2000, on estimait à 150 millions d’hectares la surface agricole de ce pays. Cela signifie qu’en 2060, il ne restera plus un gramme de terre arable en Inde. En fait, un scénario plus catastrophique peut se profiler si le processus de désertification s’emballe, en raison des bouleversements climatiques: accroissement des températures, sécheresses et disparition des glaciers de l’Himalaya.

A l’échelle planétaire, quelle est la quantité exacte de sol perdu chaque année en raison de l’érosion éolienne et hydrique? Les estimations les plus basses sont de l’ordre de 25 milliards de tonnes de sol par année. Selon les estimations les plus hautes, ce sont 2400 tonnes de sol, chaque seconde, qui partent dans le vent ou dans les océans, à savoir 76 milliards de tonnes de sol chaque année.

Les estimations hautes nous semblent beaucoup plus probables car chaque année Costa Rica perd 1 milliard de tonnes de sols, l’Ile de Java en perd un milliard, l’Ethiopie en perd un milliard, etc, etc.

Dans l’article précédent, John Jeavons a évoqué la perte de sol en relation avec la production de nourriture: pour chaque tonne de nourriture produite, ce sont de 6 à 18 tonnes de sol qui sont irrémédiablement perdues.
Un occidental consomme à peu près une tonne de nourriture par an. Dans certains pays, la quantité consommée par personne est de moitié. Dans d’autres régions, ou selon les populations ou les couches sociales, la quantité de nourriture consommée tend vers le zéro, ce qui “explique” le fait que 36 000 personnes meurent de faim tous les jours.

En Chine, l’érosion serait maximale puisque le chiffre de 18 tonnes de sol perdues, par tonne de nourriture produite, est avancé. Les chiffres officiels évoquent la perte de 5 milliards de tonnes de sol chaque année dans ce pays. C’est une estimation strictement a minima. Selon les images de satellite, les déserts du Taklimakan et du Kumtag sont en train de fusionner. Il en est de même pour deux déserts du centre nord qui sont en train de s’étendre sur les provinces du Gansu et de la Mongolie.

En Iran, selon Mohammad Jarian, le responsable du département de lutte contre la désertification, ce sont 124 villages de la région de Sistan-Baluchistan qui ont été ensevelis en 2002 et abandonnés. Dans le nord-ouest de l’Afghanistan, des dunes de sable de 15 mètres de hauteur envahissent tout et y compris les routes.

Au Nigeria, ce sont 350 000 hectares qui sont désertifiés chaque année, autant qu’en Chine. De 1950 à 2005, la population humaine y est passée de 33 millions à 132 millions tandis que le nombre de vaches, moutons et chèvres passait de 6 millions à 66 millions.

De nombreux pays d’Afrique sont désertifiés très rapidement en raison de différents facteurs: pratiques agricoles non durables, surpâturage et errance des troupeaux, feux de brousse et le commerce du charbon de bois à destination des citadins de plus en plus nombreux.

Madagascar perd jusqu’à 400 tonnes de sol par année et par hectare.

Au Mexique, la désertification chasse 700 000 paysans tous les ans vers les cités ou vers les USA.

Quant à l’Australie, parler de catastrophe n’est tout au plus qu’un euphémisme. Ce pays se prépare à sa septième année consécutive de sécheresse. L’Australie sera sans doute le premier pays “occidental” à être ruiné par les processus de salinisation et de désertification: certaines terres Australiennes ont des concentrations de sel trois fois supérieures à celles de l’océan.

Il aura fallu à la société occidentale un siècle et demi d’agriculture et d’élevage intensifs pour transformer l’Australie en un désert. Fast-food and fast-destruction! Faut-il vous l’emballer ou est-ce pour “consumer” de suite?

Un record que même les USA n’ont pas réussi à battre: ils n’ont perdu, en 150 ans de colonialisme, que 75 % de leur humus! C’est 1m50 (150 cm) d’humus qui est parti à tout jamais dans les océans. En région tempérée, il faut 500 ans pour produire naturellement 2,5 cm d’humus. Cela veut dire qu’il faudra à la nature 30 000 années pour régénérer ce patrimoine humique.

Eu Europe, le taux moyen d’érosion du sol est de 17 tonnes par hectare et par année alors que le taux moyen de formation du sol est d'1 tonne par hectare et par année.

En France, par exemple, selon la Chambre d’Agriculture du Pas de Calais, les agriculteurs de ce département perdent entre 10 et 100 tonnes par hectare et par année.

Lorsque l’érosion est de 100 tonnes de sol par hectare et par an, cela signifie qu’il faut 100 ans pour réparer 1 année d’agriculture intensive betteravière et qu’il faut 2000 ans pour réparer 20 années d’agriculture intensive betteravière.

A l’érosion s’ajoute la destruction des sols brûlés par l’agriculture toxique. Ne nous méprenons pas: de nombreuses régions Françaises ne sont peut-être pas des déserts de sable mais elles sont des déserts en gestation. Que se passerait-il si, aujourd'hui, on interdisait en agriculture tous les intrants de synthèse et tous les pesticides? Les terres sont devenues stériles: les automnes seraient sans récolte.

L'agriculture occidentale moderne est une agriculture hors-sol produisant des aliments-poisons. C'est une agriculture militarisée qui bombarde le sol de tout un arsenal de produits toxiques.

Qui se rappelle que l'année 2006 fut déclarée par l'ONU “Année internationale des déserts et de la désertification”? Qui connaît l'existence, au sein de l'ONU, d'une commission chargée de la lutte contre la désertification? Peu de gens sans doute et c'est tout aussi bien car cette commission n'a aucun moyen financier! Un léger brise-vent (de sable) tout au plus.

Soyons réalistes, la Planète Terre continuera bien à nourrir une petite partie (de plus en plus restreinte) de la population humaine jusqu'en l'an 2050. Après quoi, rideau: la Planète Terre se sera transformée en grands déserts entourés de quelques océans. Le vert aura disparu.

Et c'est un scénario optimiste (quant à l'échéance dans le temps) car il ne prend en compte ni l'accroissement de la population mondiale, ni la montée des niveaux des océans, ni les bouleversements climatiques que tout un chacun peut commencer à observer, ni bien sûr un emballement climatique que personne n'ose imaginer.

Ce scénario “optimiste” ne prend pas en compte non plus, bien sûr, la grande supercherie des agro-carburants que nous venons de dénoncer dans notre article “Mettez du sang dans votre moteur: la tragédie des nécro-carburants”.



Source : Kokopelli